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Sunset

Démarche artistique

 

Le coucher du soleil c’est l’annonce d’une disparition : celle d’un monde sensible, celui du jour, qui ouvre sur un autre monde, celui de la nuit. C’est un spectacle quotidien qui n’empêche pourtant pas notre émerveillement à chaque répétition (il suffit d’observer les gens applaudir). C’est l’expérience à la fois nostalgique, de la lumière du jour amenée à disparaitre (et si c’était la dernière fois?) et du caractère évanescent du spectacle entrain de se jouer. Le crépuscule incarne alors pour moi cette expérience du passage, du seuil, d’un état intermédiaire, entre éveil et rêve, entre présence et absence. De même nous pouvons considérer la disparition d’une chose non pas comme une fin en soi, mais comme le moyen d’éprouver une transformation de notre rapport au monde.

Face à cette expérience, j’imagine des oeuvres qui fonctionnent comme des espaces liminaires : je les conçois comme des refuges chimériques et atemporels, des paradis perdus, ou imaginés. Ces sanctuaires, traversés de sensations et de souvenirs, ne prétendent pas annuler la disparition des choses, mais ouvrent une brèche dans ce qu'elle pourrait avoir de définitif.

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Mes recherches plastiques s’inspirent des phénomènes lumineux, des paysages méditerranéens dans lesquels j’ai grandi et de formes empruntées à l’imaginaire de l’enfance. A travers le modelage, le découpage, l’assemblage, le moulage ou encore l’écriture, les oeuvres que je crée mêlent céramique, verre, vitrail, dessin, vidéo, mise en espace… avec pour fil conducteur la lumière. Elle est dans mon travail, alternativement sujet, matériau plastique et symbolique, et condition de perception.

Par des jeux de transparence et des nuances chromatiques, les objets que je crée font ainsi émerger des mondes impalpables, ils sont capables de capturer la lumière et de la transformer en reflets irisés, miroitement ou projections. Associée à l’écriture et à la fiction, cette recherche plastique me permet d’ouvrir des espaces de projection où d’autres possibles peuvent être envisagés.

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Sans imposer une lecture unique, ces espaces invitent chacun.e à y projeter son propre imaginaire, à y faire résonner une mémoire personnelle. Mais il ne s’agit pas tant de fuir le monde que d’en transformer momentanément l’expérience.

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